Quelle loi régit la succession d'un Franco-Libanais ayant des biens au Liban et en France ?
Sur cette page
En bref
Aucune source publiée ne tranche pour les doubles nationaux. L'héritage libanais suit la communauté religieuse du défunt[1,2]. Selon le cabinet Kallas, la succession peut être touchée par la loi du 18 juin 1929[1] et par des règles de conflit de lois, qui déterminent la loi du pays applicable à chaque bien. Selon le cabinet Mattar, la succession s'ouvre au le dernier domicile du défunt[3]. Consultez un avocat qualifié dans les deux pays et un notaire français.
Aussi formulé: “Succession franco-libanaise : quelle loi s'applique ?” · “Un testament français est-il valable pour un bien au Liban ?” · “Double nationalité franco-libanaise héritage France Liban” · “Hériter d'un bien au Liban quand on est français”
Aucune source consultée ne traite d'une convention France-Liban sur les successions ou sur l'impôt, des doubles nationaux, ni de l'articulation des règles françaises et libanaises de réserve héréditaire sur un bien libanais. Cette page couvre ce qui a été publié jusqu'au 17 octobre 2026.
L'essentiel
- Élément étranger
- Peut être touché par la loi du 18 juin 1929[1] et par des règles de conflit de lois, selon le cabinet Kallas
- Lieu d'ouverture de la succession
- le dernier domicile du défunt[3], selon le cabinet Mattar
- Testament fait en France
- Exécutoire au Liban seulement après l'exequatur d'une cour d'appel libanaise[2]
- Impôt libanais sur les successions
- Dû sur tous les biens situés au Liban, quelle que soit la nationalité du défunt[2,6]
- Convention France-Liban
- Non traitée par les sources consultées
Ce que dit le droit libanais, et ce qu'il laisse ouvert
Le Liban n'a pas de code civil unique des successions. Les musulmans héritent selon le droit islamique et les non-musulmans selon une loi civile : la communauté du défunt détermine donc les parts[1,2]. Pour les chrétiens et les juifs, cette loi est la loi du 23 juin 1959[1,2,4]. Plus de détails dans quelle loi d'héritage s'applique à votre famille et comment la loi de 1959 partage une succession.
Quand un étranger est concerné, le cabinet Kallas indique que la succession peut être touchée par la loi du 18 juin 1929[1] et par des règles de conflit de lois, qui déterminent la loi applicable à chaque bien. Kallas conseille aux familles mixtes de régler cette question dès le départ. Nous n'avons pas lu cette loi, et aucune source n'explique comment elle traite une personne à la fois libanaise et française.
Le cabinet Mattar dit que la succession s'ouvre au dernier domicile du défunt, où que soit le bien, et que cela vaut aussi pour les successions internationales[3]. Mattar ne précise pas sur quel article il s'appuie. Il s'agit probablement de la loi de 1959, qui ne concerne que les non-musulmans. Nous n'avons aucune source sur les règles françaises : c'est un notaire français qui vous dira comment la France traite la succession, biens libanais compris. Un avocat libanais vous dira comment un tribunal libanais la verra.
Un testament fait en France
Pour les non-musulmans, Kallas indique que le testament d'un Libanais fait à l'étranger peut suivre les formes du pays étranger pour les actes authentiques, et qu'un testament olographe fait à l'étranger peut être déposé auprès du consul du Liban[4,5]. Kallas avertit qu'un testament olographe ni déposé ni scellé risque d'être déclaré nul.
Selon PBL Law Group, un testament étranger n'est exécutoire au Liban qu'après exequatur par une cour d'appel libanaise. Ce peut être la cour de la résidence du légataire, celle du lieu des biens, ou le président de la cour d'appel de Beyrouth. L'exequatur peut être refusé si le testament viole les règles libanaises de réserve héréditaire[2]. Selon la loi de 1959, une part protégée est réservée à les descendants, les parents et le conjoint[1,2,5], et un testament ne peut pas l'écarter. Une page de Kallas dit que les parents ne sont protégés que s'il n'y a pas de descendants ; un avocat libanais peut le confirmer. Kallas précise qu'un testament qui donne trop n'est pas nul, mais réduit à la quotité disponible, et que seul un héritier réservataire peut le demander[4,5].
Selon la lecture que Kallas fait de la loi de 1959, un legs à une personne non libanaise n'est valable que si la loi nationale de cette personne autorise les legs aux Libanais, et seulement dans cette mesure[4]. Nous n'avons aucune source sur ce que permet le droit français. Demandez au notaire français.
Héritiers français, bien libanais et impôt libanais
Deux cabinets disent qu'un héritier étranger peut hériter d'un bien libanais sur la base de la réciprocité, c'est-à-dire dans la mesure où la loi de l'héritier permet aux Libanais d'hériter. Kallas ajoute que les parts héritées ne requièrent pas l'autorisation exigée des étrangers pour acheter[3,5]. Aucune source ne dit si la surface héritée compte dans les plafonds applicables aux étrangers[5,7]. Voir les héritiers étrangers et la limite de 3 000 m².
L'impôt libanais sur les successions s'applique à tous les biens situés au Liban transmis par décès, quelle que soit la nationalité du défunt[2,6]. Kallas ajoute qu'il atteint aussi les biens à l'étranger lorsque le défunt résidait au Liban, et PBL note que des conventions fiscales peuvent prévoir des exceptions. Nous n'avons trouvé aucune source disant si une convention France-Liban couvre les successions. Interrogez le ministère des Finances et un conseiller fiscal français avant que quiconque ne paie deux fois.
Ce que les héritiers à l'étranger font d'abord
- Identifiez chaque bien libanais sur le papier. Demandez à l'avocat, pour chaque bien, le numéro de parcelle et la circonscription foncière, et le numéro de section pour un appartement, tels qu'ils figurent sur le titre de propriété du défunt. Demandez ensuite un relevé foncier (إفادة عقارية) récent pour chaque parcelle, afin de les rattacher au bon bien. Le relevé indique le propriétaire, les hypothèques et les restrictions[8,9]. Les parts sont exprimées sur 2 400 parts[10,11,12], vérifiez donc la fraction du défunt. Voici comment obtenir un relevé foncier.
- Enregistrez le décès au Liban. Pour un décès à l'étranger, l'acte de décès passe par l'ambassade ou le consulat du Liban, puis par le ministère des Affaires étrangères, puis par le ministère de l'Intérieur. Kallas estime ce délai à environ deux mois[13].
- Déposez la déclaration de succession. Les héritiers la déposent auprès du ministère des Finances dans les 90 jours suivant le décès[6,13,14]. Si vous étiez à l'étranger au moment du décès, Kallas indique que vous pouvez demander une prorogation jusqu'à un an[1,13]. Elle n'est pas automatique, et les décès à l'étranger sont traités par le service des droits de mutation de Beyrouth.
- Prenez conseil dans les deux pays avant l'étape du tribunal. Demandez au notaire français et à un avocat libanais quelle loi régit le bien libanais, si un éventuel testament est valable dans les deux pays, et si les règles libanaises de réserve s'appliquent.
- Obtenez le jugement de dévolution successorale (hasr irth, حصر إرث). Aucun bien ne peut être transféré aux héritiers tant qu'il n'existe pas[1,2,13]. Aucune source consultée n'indique son coût ni son délai ; demandez à l'avocat libanais qui suit le dossier. Pour les non-musulmans, PBL dit qu'il est rendu par un juge unique du tribunal de première instance du dernier domicile[2,3]. Pour les autres communautés, voir quel tribunal délivre le hasr irth.
- Agissez par procuration. Kallas indique que les héritiers peuvent désigner un avocat ou un proche au Liban pour la déclaration, le jugement de dévolution, l'impôt et le transfert ou la vente, et que la vente exige un mandat spécial exprès[1]. Vous signez dans une mission libanaise, ou devant un notaire français, puis la procuration est authentifiée par les autorités françaises et légalisée par l'ambassade ou le consulat du Liban[15,16,17,18]. L'apostille ne suffit pas, car le Liban est non partie à la Convention Apostille[19]. Voir agir pour des héritiers depuis l'étranger.
- Réglez l'impôt, puis enregistrez. Les notaires et le registre foncier n'agiront pas sur la succession avant l'autorisation du ministère des Finances[13]. Kallas indique que l'autorisation n'est délivrée qu'après paiement de l'impôt, ou après une garantie égale à deux fois son montant maximal. Le transfert se fait à le bureau du registre foncier du lieu de situation du bien[2,13], avec le jugement de dévolution, l'autorisation, les titres de propriété et un acte de transfert notarié. Aucune source consultée ne donne de frais de registre ou de notaire, ni de délai, pour ce transfert ; demandez à l'avocat ou au notaire une estimation écrite.
Cela dépend de
- Le dernier domicile. Selon Mattar, la succession s'ouvre au le dernier domicile du défunt[3]. Qu'il ait été en France ou au Liban peut compter : interrogez un avocat qualifié dans les deux systèmes.
- L'existence d'un testament, et où il a été fait. Selon PBL, un testament français requiert l'exequatur libanais et peut être refusé s'il viole la réserve[2]. Demandez au notaire français et à un avocat libanais.
Questions fréquentes
Le droit français décide-t-il du sort d'un appartement au Liban ?
Aucune source consultée ne répond pour un Franco-Libanais. Le cabinet Kallas indique que la succession peut être touchée par la loi du 18 juin 1929 et par des règles de conflit de lois, qui déterminent la loi du pays applicable à chaque bien[1]. Un avocat qualifié dans les deux systèmes est la bonne personne à interroger.
Un testament français est-il valable au Liban ?
Selon PBL Law Group, un testament étranger n'est exécutoire au Liban qu'après exequatur par une cour d'appel libanaise. Le tribunal peut refuser si le testament viole les règles libanaises de réserve héréditaire[2].
Les héritiers français ont-ils besoin d'une autorisation pour hériter d'un bien libanais ?
Sources
Vérifié auprès de ces sources. Les numéros dans le texte y renvoient.
- 1.Inheritance Law in Lebanon: A Guide for Heirs and Families Abroad
Kallas Law Firm · 20 juin 2026 · consulté le 17 oct. 2026
- 2.International Estate Planning in Lebanon: A Clear Overview for High Net-Worth Families
PBL Law Group · 5 avr. 2025 · consulté le 17 oct. 2026
- 3.Mattar Law Firm: Inheritance and Wills in Lebanon
Mattar Law Firm · non daté · consulté le 17 oct. 2026
- 4.How to Make a Valid Will in Lebanon: A Guide for Christian Families
Kallas Law Firm (klfi.net) · 21 juin 2026 · consulté le 17 oct. 2026
- 5.Christian Inheritance in Lebanon: How an Estate Is Divided Under the 1959 Law
Kallas Law Firm · 20 juin 2026 · consulté le 17 oct. 2026
- 6.Inheritance Tax in Lebanon 2026: Rates, Exemptions and Calculator
Kallas Law Firm · 20 juin 2026 · consulté le 17 oct. 2026
- 7.Palestinian Refugees' Right to Inherit under the 2001 Amendment Law – Beirut Test Case
Norwegian Refugee Council · janvier 2016 · consulté le 16 oct. 2026
- 8.The Land Registry in Lebanese Law — Part Six of the Practical Guide to the Code of Real Property
Kallas Law Firm · 25 mai 2026 · consulté le 16 oct. 2026
- 9.How to Buy Property in Lebanon: The Legal Steps from Verification to Inscription
Kallas Law Firm · 9 juin 2026 · consulté le 16 oct. 2026
- 10.Land Delimitation and Registration Works in Lebanese Law — Part Seven of the Practical Guide to the Code of Real Property
Kallas Law Firm · 25 mai 2026 · consulté le 17 oct. 2026
- 11.How to Find Real Estate and Land Register Information in Lebanon
Legalmondo · 17 juin 2025 · consulté le 17 oct. 2026
- 12.Legislative and Administrative Land and Property Rights Framework. Lebanon
GLTN / UN-Habitat · mai 2024 · consulté le 16 oct. 2026
- 13.Inheritance in Lebanon: Probate, Estate Declaration and Inheritance Tax (2026)
Kallas Law Firm · 27 juin 2022 · consulté le 17 oct. 2026
- 14.Declaration within 90 days: Finance Minister memo on liquidating estates and inheritance
Annahar · 15 avr. 2025 · consulté le 17 oct. 2026
- 15.Power of Attorney
Embassy of Lebanon, Washington DC · non daté · consulté le 17 oct. 2026
- 16.Legalization of Powers of Attorney not Drafted at the Consulate
Consulate General of Lebanon, New York · non daté · consulté le 17 oct. 2026
- 17.Power of Attorney
Embassy of Lebanon, The Hague · non daté · consulté le 17 oct. 2026
- 18.Services consulaires supplémentaires par courrier
Embassy of Lebanon, Brussels · non daté · consulté le 17 oct. 2026
- 19.Status table – 12: Convention of 5 October 1961 Abolishing the Requirement of Legalisation for Foreign Public Documents
HCCH (Hague Conference on Private International Law) · 30 juin 2026 · consulté le 16 oct. 2026
Questions liées
- Quelle loi de succession s'applique au Liban : musulmane, chrétienne, druze ou étrangère ?Elle suit la communauté religieuse du défunt : droit islamique pour les musulmans, loi civile de 1959 pour les chrétiens et les juifs.
- Je suis héritier à l'étranger : quelqu'un peut-il agir pour moi au Liban, et comment signer la procuration ?Oui : un avocat ou un proche peut agir avec une procuration signée dans une mission libanaise, ou notariée sur place puis légalisée. Étapes, frais, risques.
- Un héritier étranger a-t-il besoin d'une autorisation ou est-il soumis à la limite de 3 000 m² pour hériter d'un bien au Liban ?Selon deux sources, l'héritier étranger n'a pas besoin d'autorisation et hérite par réciprocité ; reste à savoir si la surface héritée compte dans les 3 000 m².
- Comment une succession est-elle partagée selon la loi libanaise de 1959 pour les non-musulmans ?Selon la loi de 1959, telle que la lit un cabinet, les enfants partagent à parts égales et la part du conjoint dépend des survivants. Ordre, réserve, testament.
- Quel tribunal délivre le hasr irth au Liban : le tribunal charaï ou le tribunal civil ?Cela dépend de la communauté : un juge civil de première instance pour les non-musulmans ; pour les musulmans, les cabinets divergent. Étapes et vérifications.
- Comment transférer un bien hérité au nom des héritiers au registre foncier ?Les héritiers déclarent la succession, obtiennent le hasr irth, règlent l'impôt, puis s'inscrivent au registre foncier. Pièces et étapes.
- Y a-t-il un droit de succession au Liban, et à combien s'élève-t-il ?Oui : chaque héritier paie un impôt progressif de 3 à 45 % sur sa part au-delà d'une exemption personnelle. Exemptions 2026, tranches, délais, anciens décès.
- De combien de temps disposent les héritiers pour déclarer une succession au Liban, et quelles pénalités en cas de retard ?Les héritiers déclarent sous 90 jours après le décès et complètent le dossier sous six mois, avec des pénalités mensuelles en cas de retard.
