Ahla Beit

Quelles régions du Liban ont été touchées par les dernières guerres, et quel effet sur les prix de l'immobilier ?

9 min de lecture17 sourcesRelu par Tatyana Alwan, avocate, le 18 oct. 2026
Sur cette page
  1. L'essentiel
  2. Ce que montrent les chiffres de dégâts, et ce qu'ils ne montrent pas
  3. Comment l'exposition à la guerre se voit dans les prix
  4. Titre, registre foncier et projet d'interdiction de vente dans le Sud
  5. Comment vérifier un bien situé dans une zone touchée par la guerre, depuis l'étranger
  6. Cela dépend de
  7. Questions fréquentes
  8. Sources

En bref

Les sources que nous avons lues parlent des effets de la guerre dans le Sud et dans la banlieue sud de Beyrouth (Dahiyeh), mais aucune ne cartographie les dégâts ou les prix par région[1]. Au niveau national, le LCPS, citant l'évaluation de la Banque mondiale de 2025, chiffre les dégâts de logements à environ 162 900 logements ; 4,6 milliards USD[2]. Dans le Sud, la valeur dépend de la reconstruction, du retour, des indemnisations et de la sécurité, selon Libnanews (octobre 2026)[3].

Aussi formulé: “Quelles régions du Liban ont été touchées par la guerre et que faut-il savoir avant d'acheter ?” · “La guerre fait-elle baisser les prix de l'immobilier au Liban ?” · “Vaut-il la peine d'acheter au Sud-Liban après la guerre ?” · “Prix de l'immobilier à Dahiyeh et au Sud après la guerre”

Dans le Sud, certains bureaux du registre foncier étaient injoignables en avril 2026[4]. En septembre 2026, le Conseil des ministres a approuvé un projet de loi qui interdirait les ventes dans les localités occupées ; ce n'est pas une loi[5,6]. Cette page couvre ce qui a été publié jusqu'au 17 octobre 2026.

L'essentiel

Logements touchés (national)
Environ 162 900, soit environ 10 % du parc d'avant le conflit[2]
Coût des dégâts de logements
4,6 milliards USD, 67 % de l'ensemble des dégâts de guerre, selon le LCPS citant la Banque mondiale[2]
Carte des dégâts par région
Publiée dans aucune des sources lues
Marché de Dahiyeh, janvier 2026
beaucoup d'annonces, peu de demande, fortes décotes[1]
Ventes dans le Sud et à Nabatieh
aucune transaction enregistrée, janvier-mars 2026[7], selon un résumé de recherche reprenant des chiffres de BLOMINVEST, peut-être parce que les bureaux fonciers étaient fermés ; non vérifié sur la page de BLOMINVEST elle-même[4]
Bureaux fonciers dans le Sud
Bint Jbeil et Aïn Ebel injoignables ; Nabatieh et Marjayoun partiellement en service, en avril 2026[4]
Projet d'interdiction de vente, localités occupées
Un projet du Conseil des ministres, pas une loi : aucune vente jusqu'à la fin de l'occupation[5,6], si le Parlement l'adopte

Ce que montrent les chiffres de dégâts, et ce qu'ils ne montrent pas

Le seul chiffre de dégâts de nos sources est national. Le LCPS (septembre 2025), citant l'évaluation rapide des dommages et des besoins (Rapid Damage and Needs Assessment) de la Banque mondiale de 2025, compte environ 162 900 logements touchés, soit près de 10 % des logements du Liban avant le conflit[2]. Nous n'avons pas ouvert le rapport de la Banque mondiale lui-même. Le chiffre n'est pas ventilé par région et ne couvre pas les dégâts postérieurs à 2025.

Aucune source publiée n'indique quelles rues, quels villages ou quels immeubles ont été touchés, ni ne relie ces dégâts à des variations de prix, à des droits de reconstruction ou à la situation du titre foncier. Pour un bien précis, la réponse vient du registre foncier, de la municipalité et d'un ingénieur que vous engagez, comme expliqué plus bas. Pour la question plus large de la sécurité, voir est-il sûr d'acheter dans le Sud, la Békaa ou Dahiyeh.

Comment l'exposition à la guerre se voit dans les prix

Dans le Sud, Libnanews écrivait en octobre 2026 que l'immobilier ne suit pas les mécanismes de prix de Beyrouth ou du Mont-Liban, car la valeur est liée à la reconstruction, au retour, aux indemnisations et à la sécurité[3]. Il ne donnait aucune donnée de prix pour le Sud. À Dahiyeh, The Beiruter rapportait en janvier 2026 de nombreuses annonces dues à la crainte de nouvelles attaques israéliennes, peu de demande réelle, et des acheteurs qui n'entrent qu'avec de fortes décotes, en pariant sur une amélioration de la sécurité[1]. Il n'indiquait ni l'ampleur des décotes ni le niveau des prix.

Les autres signaux sont contrastés. Walid Moussa, président du syndicat R.E.A.L, parlant en janvier 2026 avant l'escalade de 2026, jugeait la situation dans la banlieue sud et dans le Sud « délicate et très sensible » et disait que la plupart des habitants revenus après la dernière guerre étaient revenus pour rester[1]. Les données de R.E.A.L rapportées par The Beiruter donnent une hausse des prix entre 2024 et 2025 de 30,41 % à Nabatieh, proche des 32,83 % de Beyrouth. Selon M. Moussa, les hausses de 2025 viennent de propriétaires qui ont réévalué leurs prix, non d'un plus grand nombre de ventes. Le syndicat ne publie pas sa méthode, ni s'il s'agit de prix demandés ou de prix de vente.

La guerre déplace aussi les prix loin des zones touchées. EnterpriseAM rapportait en septembre 2026 que les déplacements de population ont fait monter les prix au point que la Banque de l'Habitat a doublé son plafond de prêt au logement[8]. Ce plafond est passé de 50 000 USD à 100 000 USD (2025)[9,10,11]. Le média ne citait aucune région. Libnanews décrit en octobre 2026 un marché à deux vitesses : les acheteurs en dollars frais peuvent encore acheter, les biens de qualité dans les zones recherchées trouvent preneur, et les autres annonces restent longtemps invendues[3]. Le fondateur d'Assukna, qui vend des biens, conseillait en avril 2026 d'éviter le Sud pour investir tant que la sécurité ne change pas radicalement. Voyez-y l'avis d'un seul vendeur[12].

Titre, registre foncier et projet d'interdiction de vente dans le Sud

Fin avril 2026, le ministre des Finances a dit que les bureaux fonciers de Bint Jbeil et d'Aïn Ebel étaient injoignables, tandis que Nabatieh et Marjayoun maintenaient un service minimum avec une partie du personnel[4]. Annahar rapportait le même mois que, si des dossiers du registre étaient détruits, chaque propriétaire devrait prouver à nouveau sa propriété à partir de documents individuels et de cartes de l'armée, une démarche qui pourrait durer des années et provoquer des litiges. C'est un scénario du pire, pas une procédure en vigueur. Plus de détails dans que deviennent les archives du registre foncier dans le Sud.

Arab News rapportait en septembre 2026 que beaucoup de biens du Sud relèvent de documents anciens plutôt que de titres fonciers définitifs modernes. Lorsque la propriété est contestée, certaines ventes ne sont enregistrées que chez les notaires, ce qui les rend officielles mais non définitives[6].

En septembre 2026, le Conseil des ministres a approuvé un projet de loi qui interdirait aux propriétaires des localités du Sud-Liban occupées par Israël de vendre jusqu'à la fin de l'occupation[5,6]. Selon le projet tel que LBCI l'a rapporté, toute procuration de vente, promesse de vente ou contrat de vente notarié signé à partir du 8 octobre 2023[5] et jusqu'à la publication de la loi ne pourrait être achevé ni enregistré sans l'approbation d'une commission spécialisée. Les informations divergent sur son état d'avancement. LBCI disait le 26 septembre 2026 qu'il avait été transmis au Parlement et devait être adopté rapidement ; Arab News, citant trois députés le 30 septembre 2026, disait qu'il n'était arrivé ni au Parlement ni dans une commission. Aucune source ne liste les localités considérées comme occupées. Voir le projet d'interdiction des ventes de terrains dans le Sud.

Comment vérifier un bien situé dans une zone touchée par la guerre, depuis l'étranger

  1. Obtenez par écrit les références du bien. Demandez au vendeur le mohafazat, le caza, la zone foncière, le numéro de la propriété, la section et le bloc[13,14]. Il vous les faut pour demander quoi que ce soit au registre foncier, et elles rattachent le bien à une seule parcelle sur le papier.
  2. Obtenez un relevé foncier récent (ifadeh aqariyeh, إفادة عقارية). Demandez-le à le bureau du registre foncier dont relève le bien[14,15]. Il indique les propriétaires, leurs parts, les hypothèques, les saisies et les actions en justice en cours[14,16]. Depuis l'étranger, vous pouvez aussi demander à un agent OMT une copie du registre foncier en donnant les mêmes références, avec un numéro de mobile et une adresse e-mail[13,14]. Le tarif et le délai ne sont pas publiés ; demandez à OMT ou au bureau du registre foncier. Si le bien dépend de l'un des bureaux que le ministre a dits injoignables en avril 2026, demandez à un avocat comment obtenir le relevé[4].
  3. Repérez la parcelle sur le terrain. Le relevé ne montre pas le site. Si la parcelle n'a pas fait l'objet d'un levé définitif, le relevé n'indiquera même pas sa superficie[14,16], et dans le Sud cela rend aussi les litiges de limites plus probables[4]. Lisez comment obtenir un plan cadastral ou un levé et demandez au bureau du registre foncier quelle carte ou quel levé il détient pour ce numéro de parcelle.
  4. Vérifiez le titre et la localité. Demandez à un avocat libanais si le vendeur détient un titre définitif ou des documents anciens[6], et si la localité pourrait relever du projet d'interdiction de vente[5,6].
  5. Faites inspecter le bâtiment. Engagez votre propre ingénieur plutôt que celui que propose le vendeur. En vertu de la loi 646/2004, le propriétaire doit maintenir l'immeuble stable et en bon état et, en cas de besoin ou à la demande de la municipalité, faire inspecter l'immeuble par des ingénieurs[17] ; demandez donc au vendeur tout rapport de ce type. Plus de détails dans acheter un appartement ou une maison endommagés par la guerre.
  6. Renseignez-vous séparément sur l'indemnisation. Aucune source lue ne présente les droits à la reconstruction ou à l'indemnisation par région. Lisez qui paie les dégâts de guerre et demandez à la municipalité ce qu'elle a éventuellement enregistré pour cet immeuble.

Cela dépend de

  • La localité exacte. Qu'une localité soit considérée comme occupée décide si le projet d'interdiction s'y appliquerait, et aucune liste n'est publiée[5,6]. Interrogez un avocat et le bureau du registre foncier de la région.
  • Le type de titre. Un titre définitif n'est pas la même chose que des documents anciens ou qu'une vente enregistrée seulement chez le notaire[6]. Le relevé et un avocat vous diront ce que vous achetez.
  • Le fonctionnement du bureau foncier. Certains bureaux du Sud étaient injoignables en avril 2026[4]. Confirmez la situation actuelle auprès du ministère des Finances ou d'un avocat local avant de prévoir un calendrier.
  • Votre mode de paiement. Libnanews écrivait en octobre 2026 que les acheteurs en dollars frais peuvent encore acheter, alors que les ménages dont l'argent est bloqué dans d'anciens dépôts bancaires ne le peuvent en grande partie pas[3].
  • Le bâtiment lui-même. Les dégâts varient d'un immeuble à l'autre, et aucune donnée par région ne remplace l'inspection d'un ingénieur.

Questions fréquentes

Les prix de l'immobilier sont-ils plus bas dans les régions touchées par la guerre au Liban ?

À part un chiffre de R.E.A.L pour Nabatieh, une hausse de 30,41 % entre 2024 et 2025 dont la méthode et le type de prix ne sont pas publiés, il n'existe pas de série de prix pour le Sud[1]. À Dahiyeh, The Beiruter rapportait en janvier 2026 beaucoup d'annonces, peu de demande et des acheteurs qui n'entrent qu'avec de fortes décotes.

Puis-je encore acheter un bien au Sud-Liban ?

Le projet de loi interdisant les ventes dans les localités du Sud occupées par Israël n'était pas une loi fin septembre 2026. LBCI disait qu'il avait été transmis au Parlement ; Arab News, citant trois députés, disait qu'il n'était arrivé ni au Parlement ni dans une commission[5,6]. Demandez à un avocat si votre localité et votre contrat seraient concernés.

Existe-t-il un prêt pour les logements endommagés par la guerre ?

En septembre 2026, la Banque de l'Habitat négociait une ligne qatarie distincte de 100 millions USD pour les logements endommagés par la guerre, sans conditions ni dates publiées[8].

Sources

Vérifié auprès de ces sources. Les numéros dans le texte y renvoient.

  1. 1.
    When Lebanon's real estate mirror speaks

    The Beiruter · 1 janv. 2026 · consulté le 17 oct. 2026

  2. 2.
    Lebanon's Rental Law and the Housing Crisis

    LCPS (Lebanese Center for Policy Studies) · 23 sept. 2025 · consulté le 17 oct. 2026

  3. 3.
  4. 4.
  5. 5.
    A new law could reshape property sales in southern Lebanon's occupied towns

    LBCI (LBC Group) · 26 sept. 2026 · consulté le 17 oct. 2026

  6. 6.
    Who will protect occupied southern Lebanon from controversial land sales?

    Arab News · 30 sept. 2026 · consulté le 17 oct. 2026

  7. 7.
    Repo note: market figures H1-H7 (research of 2026-10-16)

    docs · 16 oct. 2026 · consulté le 17 oct. 2026

  8. 8.
    Lebanon's PCH eyes USD 100 mn to restart subsidized mortgages at rates below Gulf-funded lender

    EnterpriseAM (MENA+ Edition) · 7 sept. 2026 · consulté le 17 oct. 2026

  9. 9.
    Banque de l'Habitat - What's new

    Banque de l'Habitat (BDH) · 11 août 2025 · consulté le 17 oct. 2026

  10. 10.
    Housing Loan Limit Raised to $100K, Here Are the New Requirements

    Beirut.com · 25 juin 2025 · consulté le 17 oct. 2026

  11. 11.
    The rebound is real but housing finance is still short in Beirut

    An-Nahar · 23 sept. 2026 · consulté le 17 oct. 2026

  12. 12.
    Is It Safe to Buy Lebanese Real Estate in 2026?

    Assukna · 27 avr. 2026 · consulté le 17 oct. 2026

  13. 13.
    OMT: Viewing Title Registers (Land Registry service page)

    OMT (Online Money Transfer S.A.L.) · non daté · consulté le 17 oct. 2026

  14. 14.
    How to Find Real Estate and Land Register Information in Lebanon

    Legalmondo · 17 juin 2025 · consulté le 17 oct. 2026

  15. 15.
    Inheritance in Lebanon: Probate, Estate Declaration and Inheritance Tax (2026)

    Kallas Law Firm · 27 juin 2022 · consulté le 17 oct. 2026

  16. 16.
    Lebanon Asset Search: How to Find Real Estate and Company Ownership Records

    Kallas Law Firm · 25 oct. 2025 · consulté le 17 oct. 2026

  17. 17.
    Law 646 of 16/12/2004 (Building Law), amending Legislative Decree 148 of 16/09/1983

    Lebanese Republic, Ministry of Public Works and Transport, Directorate General of Urban Planning (DGU) · 16 déc. 2004 · consulté le 17 oct. 2026